Vues, simulations préparatoires (Alice Hauret-Labarthe, 2011)

Vues

Posted on 21 septembre 2011

Installation d’Alice Hauret-Labarthe

Où ? Rue Camille Sauvageau

Mon intervention rue Camille Sauvageau vise à questionner directement le contexte urbain (habitations, coexistences) autant que la manifestation socio-artistique qui s’y installe le temps d’un évènement (statuts, implications de l’artiste et conséquences sur son travail). L’espace public se constitue et évolue grâce aux privés qui se croisent, cohabitent, interéagissent, et la rue particulièrement choisie n’y fait pas exception : abandon des commerces, simple lieu de passage et non plus d’échanges aussi riches qu’auparavant…

Comment surexposer cette rue et inciter le spectateur/passant/passif à se la réapproprier ? Comment déplacer les points de vues et mettre en mouvement leurs rapports de force ?

Et dans ce contexte-là, quels impacts peut avoir une intervention artistique comme Evento ? Est-ce une mise en lumière éphémère ou des actes engageant une poursuite et une portée politico-urbaine à plus long terme ? Quelles implications pour quels échanges ? Et quelles contraintes pour quels apports ? Artiste ou citoyen avant tout ? Débats, performances, projections, installations : quelles traces, quelles transformations, quelles intégrations ?

J’ai décidé d’intégrer à certaines zones de vis-à-vis de l’architecture des surfaces graphiques réflexives, qui resculptent des bouts de murs et mettent en abîme l’espace présent (Inox Poli Miroir découpé puis fixé in situ). Un système de symétries visuelles qui rythmeront une partie de la rue à hauteur des passants et qui ont deux visées :

  • Provoquer un « arrêt visuel » dans ce lieu de passage : adaptation/modification/transformation du support. Statut ornemental paradoxal, en rapport aux volontés socio-politiques des interventions artistiques dont ce projet fait partie et à la nature de l’acte qui le produit : « séduction » formelle et abstraite pour une incitation à l’action etla réaction.
  • Soulever ces questions de coexistences des privés et leurs attachements à l’espace commun qui en résulte. Les tensions et les vides qui naissent des rapports sociaux sont directements modificateurs de leur contexte spatial, idée qui sous-tend la construction graphique des incisions murales ; dans la construction de la ligne et son inclusion dans la matière urbaine.

Le but n’est pas de critiquer/mettre à mal/révéler les caractériques de la rue mais d’inciter un dynamisme qui mette en avant le décor urbain, l’espace que chacun parcourt passivement. Mettre face au spectateur/passant/passif l’image de ses possibilités d’actions. Exposition et surexposition frontale de l’habitant/spectateur dans son contexte et incitation à la réappropriation autant physique qu’abstraite de l’espace public.

C’est le spectateur qui active les sculptures murales par ses perceptions et son comportement.

Alice Hauret-Labarthe est étudiante en 3ème année à l’EBABX.

What Others Are Saying

  1. Michiels Claire 5 octobre 2011 at 9 h 32 min

    Réalisation très lumineuse qui donne une nouvelle dimension à cette rue !
    Bravo !

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